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mercredi 30 septembre 2015

Les Zouaves font le Tintouin à Thuin



Si on m'avait dit que j'irai visiter des vignobles en Belgique, je l'aurais à peine cru. Et si l'on avait ajouté que j'allais découvrir un vin doux naturel dans le Hainaut, là vraiment, j'aurais été certaine d'avoir affaire à des fous. Ils sont fous ces gaulois belges! 


Et pourtant... j'ai découvert Thuin. Un village qui résiste encore et toujours à l'envahisseur, mais cette histoire là, vous la connaissez par coeur. A Thuin les jardins sont suspendus, histoire de ne pas faire comme partout, hein.  Historiquement, ces jardins avaient été aménagés au-delà des fortifications du village par les bourgeois, qui ne disposaient que de peu d’espace verts dans le village lui-même.
En 2001, le gouvernement fédéral décide de rénover les jardins suspendus de Thuin. La question se pose ensuite de leur entretien, et la ville lance un appel à projet. Puisqu’historiquement les moines y avaient planté des vignes, la distillerie de Biercée, voisine, propose d’y réimplanter un vignoble en partenariat avec la commune. Oh, la bonne idée. 
                 
   






Derrière cette idée, il y a, surtout, Christophe Mulatin, alors responsable de la production à la distillerie de Biercée, située à un vol d'oiseau de là. Il croise régulièrement Philippe Grafé, LE pionnier du renouveau de la viticulture wallone (soon starring on this même blog), lors des réunions de la Fédération Belge des Vins et Spiritueux. En pleine recherche pour installer son domaine personnel, celui-ci lui cause régent et solaris, des cépages interspécifiques, particulièrement adaptés aux conditions climatiques wallonnes, notamment en raison de leurs cycles végétatif très court (85 jours contre 100 en moyenne).
 Comme ce clos n'est qu'un jardin, le choix est fait de se concentrer uniquement sur le Régent, dont 1000 pieds sont plantés sur les 9 terrasses mises à disposition par la commune, pour élaborer un vin rouge tranquille. La première vendange est réalisée en 2003, et voilà l’un des tous premiers vins rouges réalisés en Belgique.

Où les distillateurs ajoutent leur grain d’alcool

« D’une année à l’autre, raconte Christophe, la qualité était vraiment très variable », et les résultats particulièrement fluctuants. Pas facile de vinifier des lots si petits, pas facile de s'improviser vinificateur lorsqu'on distille, même si l'on aime à déguster une fois à table...
En 2012, les conditions climatiques particulièrement difficiles font que seuls 800 litres de vin peuvent être récoltés.  Christophe Mulatin et Pierre Gérard, son comparse de la distillerie, décident de risquer le tout pour le tout, et puisque qu’ils n’ont que l’embarras du choix en termes d’alcools, ils procèdent à la mutation du moût. Perdu pour perdu, autant faire des recherches! Très contents du vin doux naturel ainsi obtenu, les deux compères décident en fait de continuer sur cette voie et depuis, ils vinifient  tous les ans du vin doux naturel issu de régent, une véritable rareté.

Si le projet est d’abord porté humainement et matériellement par la distillerie de Biercée, l’activité s’avère peu rentable, et la distillerie, rachetée par le groupe Mestdagh, souhaite bientôt s’en détacher. Les deux maîtres distillateurs, Christophe Mulatin et Pierre Gérard, se sont piqués au jeu, et sont déjà bien attachés à ce petit vignoble. Ils fondent donc une Asbl, soutenue par la commune de Thuin et l’Office de tourisme. « Cela arrange vraiment tout le monde », expliquent ils. Eux vivent leur passion, les jardins sont entretenus, et Thuin à un atout de plus pour les touristes qui viennent s'y promener.

« Le vignoble thudinien » est présidé par Jacky Collignon, qui a la chance d’habiter la première maison au pied du clos (normal, c'est lui le chef).  Les travaux de la vigne sont réalisés par l’Asbl « L’essor », qui soutient les personnes en décrochage social. Quant aux vendanges, elles sont l’œuvre de bénévoles, qui répondent toujours fort nombreux à l’appel…. Si nombreux qu’en 2015, les vendanges n’ont duré que quarante minutes! Un petit rêve pour les viticulteurs français qui courent désespérement après la main d'oeuvre entre septembre et octobre...
 Chaque année, traditionnellement, la Marche Saint Roch de Thuin, fanfare à laquelle rend hommage la dénomination « le Clos des Zouaves », et où joue presque tout le personnel de la distillerie, accompagne la cueillette de musique. Les Zouaves de Thuin font ainsi honneur à leur vin!

Le vignoble est mené depuis bien longtemps en agriculture biologique, même si la certification n’interviendra qu’au printemps prochain. « Au début nous passions préventivement de la bouillie bordelaise, car les pépiniéristes que nous avions croisé avaient beaucoup insisté sur les risques du mildiou et de l’oïdium. Nous avons ensuite espacé les traitements, pour nous rendre compte que la vigne était toujours en très bon état, jusqu’au jour où nous avons tout supprimé, sans rencontrer le moindre problème », explique Pierre Gérard. Le trèfle planté entre les rangs permet un apport régulier d’azote à la vigne. Prochainement, des ruches vont être installées, dans le cadre du plan maya pour aider à la pollinisation.
Le sous sol schisteux et les murs de pierre des jardins sont autant de capteurs de chaleur sur ce versant exposé plein sud, qui continue à chauffer la vigne durant la nuit, permettant aux raisins d’arriver rapidement et sans à coups à une maturité parfaite.

Agrandir ? Ce n’est pas vraiment à l’ordre du jour. Certes des jardins pourraient se libérer, mais aujourd’hui l’Asbl parvient déjà à peine à l’équilibre financier. Sans compter les travaux d’entretiens des jardins suspendus s’avèrent souvent très onéreux. En 2015, Thuin a poussé un peu plus loin la mise en avant de ce patrimoine exceptionnel en implantant 17 œuvres d’art contemporaines qui permettent à tous de déambuler à pied à travers le village. L’une des œuvres est précisément nichée au cœur du Clos des Zouaves.


distillerie, il faut chercher entre les alambics et les centaines de cuves pour trouver enfin la petite winery qui donne naissance aux bouteilles du Clos des Zouaves. Christophe et Pierre ont ainsi l’œil dessus de façon constante. Quatre petites cuves, un foudre en chêne, il n’en faut pas plus pour notre joyeuse équipe. L’idée est de vinifier un vin sur le fruit, de conserver avant tout sa légereté. Le régent n’a pas l’étoffe nécessaire pour faire un vin charpenté, et une sur extraction serait synonyme d’arômes verts ou de tannins grossiers. A mi- fermentation, le vin clair est tiré, le marc pressé, puis les deux jus sont assemblés. C’est alors qu’est réalisé le mutage, en ajoutant de l’alcool vinique à 80°C, une méthode semblable à celle employée par les vignerons de Maury ou de Porto. Le vin ainsi obtenu passera six mois de plus en cuve inox, avant d’être mis en bouteilles juste avant le week end de la Saint Roch (oh ça ça tombe bien alors!). 



« On s’est inventés vignerons » résument les maîtres distillateurs, qui pendant que dort leur vin doux naturel sont occupés à inventer un whisky qui va venir tout bientôt compléter la famille déjà bien nombreuse des alcools distillés à Biercée. Poire, cerise, citron, hibiscus... amenez un ingrédient, ils le distillent. Si un car de touristes anglais s'égare, soyez surs qu'ils essaieront d'en faire quelque chose de buvable, ce qui pourtant ne semble guère possible de prime abord... 





mardi 5 mai 2015

Tant qu'il y a du vin il y a de l'espoir

Traverser le vignoble de Saint Emilion, tout classé à l'Unesco qu'il soit, un 1er mai sous une pluie digne de la belle saison à Brest, a quelque chose d'angoissant. 
Frissons qui s'intensifient quand tout autour de toi tu aperçois des parcelles jaunies par l'utilisation du produit-dont-il-faut-taire-le-nom. 

Le premier domaine, Faugeres, est une véritable vitrine, un musée technique dans un écrin architectural moderne. Tout a été pensé, tout sent l'investissement de haute volée, mais le maître de chai ne sait pas parler de vignes, et les différents intervenants ont tous un discours différent...c'est impressionnant mais c'est lisse. Trop propre, trop imposant. Comme les vins. Oui il y a de la structure, mais il n'y a pas d'âme. 




Château Fombrauge. Une demeure magnifique et un vignoble qui ne l'est pas moins. Mais partout, des craquelures. Il y a cinq grands drapeaux qui battent au vent, ça fait très touristique. Mais les remorques n'ont pas été rangées, les poubelles en plastique non plus... Les lustres ne sont plus tout à fait droits...on sent le faste passé, comme si l'élégante chartreuse tombait doucement dans l'oubli. Ils font du blanc, c'est une découverte, plutôt étonnante et plutôt agréable. 


Et puis la surprise, the surprise, la cherry on the cake: château mangot. Comme la famille todeschini sait faire parler d'elle, j'en étais devenue curieuse. 
D'abord j'admire l'outil... De travail bien entendu. Un chai flambant neuf, construit avec une belle logique, simple, efficace, que tu aimerais entendre chanter les levures dedans. L'esprit aussi, on essaie, on cherche, du parcellaire, de l'intégrale...on parle d'histoire surtout, des générations d'avant. On a l'humilité de reconnaître que l'on est simplement de passage, qu'on pose juste sa pierre dans un édifice d'une toute autre stature. 




Et puis les vins. Bam. Claque. Fruité, fin. Y'a rien en trop. Ça n'essaie pas d'impressionner, c'est fait pour le plaisir et ça marche. C'est précis, juste du nez à la finale. Je ne parle même pas du censuré puisque chuuuuuut, il est confidentiel. Ce jeune rebelle est une petite bombe de fruits. Quand au Château, il va falloir réussir à le laisser dormir parce qu'il a autant d'herbe sous le pieds que les rangs de vigne juste au dessus...

Il pleut sans cesse sur Bordeaux, mais quand on sort de mangot, on a le sourire tout de même. 

lundi 27 avril 2015

Out of Bordeaux (sur un fond de requiem)

On reprend ses études, on veut apprendre, on essaie de comprendre et puis l'on doute. On se confronte à ses démons.
J'ai voulu marquer mes connaissances vins par un diplôme... une façon de me prouver de nouveau à moi même que je suis faite pour ça "Pour de vrai". Mettre une barre et l'atteindre pour confirmer ses choix.
Peut être que je ne passerai pas la barre, mais j'ai appris. Appris encore et plus qu'à Bordeaux, le vin est une caste. Il est difficile d'y rentrer, et elle exige un profil droit et carré. Une façon de vinifier, une façon d'être. Y'a les grands crus et puis "le reste". Et le reste bouhhhhhh! rassemble les petits qui osent thermovinifier, parce qu'ils veulent faire des petits vins pas prise de tête vite mis en marché... d'autres qui font du bio et n'achètent pas, ô scandale, les sacro saints produits vendus par les labos. Qui prennent le risque de ne pas contrôler le début et la fin de leur fermentation. Mon dieu, laisser faire le temps, mais quelle idée...Et ceux qui oseraient vinifier sans soufre. Ne pas coller, ne pas filtrer! Elaborer des vins qui ne seront pas de garde!
J'ai découvert que dans cette partie isolée du monde, être bloggueur c'est presque une insulte. Le vin sur internet ? Aucune importance, madame, je vous l'assure. Et un amphithéâtre qui applaudit à tout cela.
Alors oui, j'ai voulu apprendre, et maintenant j'ai compris. J'aime toujours le vin, mais pas le même qu'eux. Ce ne sont pas les grands crus de palais aux tapis rouge qui me font frissonner. Ce sont les petits, les discrets, ceux que l'on découvre par hasard. J'ai mes vins d'Homme. Ceux qui racontent une histoire qui me berce. J'aime être subjective en dégustation, parce que cette cuvée, elle est toujours meilleure quand le vigneron vous la sert que dans la grisaille de votre appartement de banlieue.
Ca, c'est la vie. Les échanges, les rencontres. Ca, c'est le vin, pour moi.
Heureusement, j'arrive encore à ressentir ces émotions, entre deux révisions de ma fiche de molécules (ethyl4phénol, éthyl4gaïacol, aminoacétophénone, benzaldéhyde, massoialactone...)
Il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis, et bien je dois être un peu stupide. car ces heures d'enseignements dispensées par les plus hautes autorités viti vinicoles n'ont fait que confirmé mon entêtement à aimer les petits vins, ceux qu'on aperçoit par une porte entrouverte...


Parce qu'un vigneron, un vrai, c'est celui qui prend trois heures sur son weekend de Pâques pour t'expliquer comment il applique les méthodes du vin à ses cidres. Qu'il étudie chaque pommier comme un cep, qu'il mute, qu'il fermente, qu'il fait des cueillettes tardives. Qu'il tâtonne, qu'il essaie. Il ne compte pas les bouteilles à goûter. Il veux entendre des critiques. Bref, dans ses bouteilles il y a du coeur, et dans ses yeux, des étoiles.


Il y a un peu de volatile, oui, mais le vin est vivant. Depuis quand déguste on à partir d'une feuille d'analyse ?

Il y a ce professeur du lundi matin, inattendu, qui amène de son jura natal des vins oui, mais du comté aussi. Parce que les histoires de terroir, elles fonctionnent aussi pour les fromages. Parce que cette histoire là, c'est un tout. Mais quand je suis sortie de salle de dégustation, pour la première fois, j'ai ressenti le besoin d'aller lui dire merci parce que vraiment, j'avais passé un bon moment. Simple, évident, savoureux.

















Je repartirai de là avec ou sans diplôme, mais plus riche. Mes émotions vineuses sont de plus en plus à fleur de peau...

https://www.youtube.com/watch?v=-chI3NlBcHE


dimanche 14 décembre 2014

Du vin et des hommes

J'aurais pu discourir sur les vins du Bordeaux tasting. Mais d'abord on a du attendre si longtemps pour rentrer que le niveau d'exigence était bien haut et la déception, bien grande. 
Malgré la chaleur et le parfum des vieilles rombieres (merci de prévoir un renifleur videur à l'entrée des dégustations dignes de ce nom), quelques champagnes ont émoustillé les papilles! La cuvée BB de chez Besserat de Bellefon, et le blanc de blanc de chez Charles Heidsieck. Un le Sartre 2012 (pessac leognan) d'une gourmandise étonnante. Un muscat passerille et la "Sibérie" du bien nommé Clos des fées. 


Petit papa Noël, si tu m'entends...On en apprendra pas beaucoup plus sur les vinifs, bien trop de monde pour pouvoir approcher les pros... Les pros justement, où étaient les propriétaires? Les oenologues? A part la figure de proue de l'emblématique, ambitieux et critiquable mais inamovible Bernard Magrez, peu de stars à croiser en coulisses.


Bref un goût de trop peu en sortant de ce magnifique palais de la bourse. 
Heureusement, il y a les copains. Les vins des copains, car on a des copains du vin. Voilà comment on se retrouve avec dix bouteilles quand on est cinq à table, chacun avec ce souhait de partager sa dernière trouvaille... 
A l'attaque, un crémant du jura (Tissot. Méthode ancestrale chardonnay et savagnin. De l'intensité ronde, sans trop allez dans le côté brioché. Juste assez pour être gourmand et appeler une deuxième voire une troisième flûte. Mais l'abus d'alcool...  Tout ça. 



Après se pointe un foie gras poêlé, coulis de mangue aux baies roses. Quand on aime on ne compte pas et l'on a donc dans les verres un fabuleux cidre de glace ainsi qu'un muscat de beaumes de Venise. Le cidre joue particulièrement bien l'accord, avec une fraîcheur acidulée très délicate malgré la richesse mielleuse de l'ensemble. Rare beau et bon. Le muscat se défend lui aussi très bien mais tombe plus dans le fruit confit.



Pour la cannette, un pomerol. Je ne sais pas si je dois en parler je manque singulièrement d'objectivité depuis mon passage aux vinifs... Gombaude Guillot 2010, longuement carafé, délicat, un peu sur la pointe des pieds, contrairement à l'opulence de nombre de ses confrères. On ne cherche pas la puissance à GG, on cherche la longueur. On prend le temps. 



Clos carmelet 2012. Toujours aussi bon mais la il faut connaître le proprio! Comme quoi un tout petit vignoble familial, élevé avec peu de moyens mais beaucoup d'amour, ça donne un résultat plus que probant. 



Passons aux fromages, et revenons en aux blancs. Un Vouvray demi sec malheureusement décédé avant sa dégustation d'un infâme TCA. Et un grand bourgogne blanc, raceé (Ladoix 1er cru, les grechons)  De la brioche mais sans tomber dans l'exubérance. Ce moment du repas lui convient bien, cela nous ramène de la fraîcheur alors que nos papilles commencent à se faire paresseuses car presque repues.



Une dernière gourmandise avec un Maury tout jeune, tout fruité sur un dessert tout chocolat. Fraise, framboise, un peu de réglisse. Un joli souvenir des vacances sur la road 66 (Maury la cerisaie, Domaine des Schistes).



Du vin et des copains. Ça fait du bien.


jeudi 20 novembre 2014

Message personnel (pour Téo!)

Bonjour teo,

Tu ne me connais pas, mais moi, grâce aux deux Isabelle, ta maman et son amie, je te connais. 
Ce matin j'ai reçu un super paquet! 



C'est que je l'attendais avec impatience ton bojo... 
J'ai un petit garçon et s'il ne va pas pouvoir goûter le vin de Bruno et Isabelle, je sais qu'il va adorer ton étiquette. Il aime beaucoup les animaux et en particulier les chats qu'il appelle "wawa". Je te parle de lui parce que c'est un tout petit garçon, mais il a tout le temps le sourire et les yeux qui pétillent. 



Comme toi! J'aime beaucoup voir tes photos, car tu degages la vraie joie, celle des enfants. 
Je suis sur que le bojo sera bon. Isabelle et Bruno le font avec amour, et ça, c'est un ingrédient magique qui ne rate jamais. Je suis une grande mais cette année j'ai la chance de retourner à l'école, j'y apprends à déguster. Un peu bizarre comme études, tu ne crois pas? Toujours est-il que ce qui ressort c'est que lorsque l'on deguste, tout ce qu'il y a autour nous fait ressentir le goût de façon différente. Je sais donc déjà que dans mon verre ce soir, il y aura ton sourire et la passion d'Isabelle et Bruno. Ça tombe bien, ce vin est né d'une belle amitié et ce soir j'ai convié des gens qui comptent pour moi.


On va trinquer Teo, et on dira, exceptionnellement, et à la place de "tchin", le mot hébreu "eraim", parce qu'il signifie "à la vie". 
Des bisous à toi, Teo! 

Ps: il a un nom ton joli chat? 

lundi 20 octobre 2014

Le point 0 de la dégustation #rebellion

Je ne sais pas si mon foie tiendra mieux que celui d'une apprentie sommelière canadienne ( http://apprentiesommeliere.com/maladie-du-sportif-du-vin/ thanks to Vincent Pousson)  Toujours est il que pour gagner le droit de faire vivre d'incroyables aventures à cet organe mais surtout à mes papilles, j'ai tout d'abord envoyé en mai un loooonnngg dossier plein de belles motivations, et puis confié par la suite à l'université une belle partie de mes pseudos économies. 

Bref, je suis étudiante du DUAD. 


Me voilà sur les bancs d'un amphi (au prix ou on paie, c'est pas bien confortable!) à lire des polycopiés (la forêt amazonienne, l'ère du digital, toussa...) et zou, première dégustation, dans des conditions ma foi bien professionnelles. 
Une première question me vient au fond de mon box (d'ailleurs c'est vachement plus pratique que l'amphi pour tweeter, on pourrait presque y faire les mots croises, en souvenir du bon vieux temps): c'est bien d'apprendre à déguster dans une salle pressurisée, avec eau osmose et tout le tintouin: mais ça a quoi d'une degustation réelle? Alors que je peux désormais fièrement afficher deux vinifications à mon tableau de chasse, je peux fièrement dire que j'ai dégusté du vin chaud (et oui, une levure, ça bosse! ) dans des contenants pas vraiment certifies par l'inao ... 



Bref, tout le monde ne met pas de gants pour faire un remontage, mais... Profitons de ces conditions "idéales" qui me sont offertes grâce à ce formidable statut de vieille étudiante. ( oui, vieille: au delà de 28 ans, il ne faut plus espérer aller au cinoch pour pas cher!)
Première dégustation, quatre verres d'eau, et un aromatise au saccharose... Mais c'est qu'ils sont blagueurs ces professeurs! Et puis des solutions et nos premiers vins...derrière les vitres de nos box flambant neufs, nous osons quand même des bribes de commentaires. Et la, une phrase me glace: ne vous inquiétez pas, d'ici quelques mois, nous aurons tous les mêmes mots pour décrire ce vin. Heu?! Mais je ne veux pas parler du vin comme tout le monde moi! Si je me suis prise de passion pour ce doux breuvage, c'est pour sa non conformité! Mais que venais je donc faire en cette galère?
Je ne sais pas a quoi ressembleront nos commentaires, dans quelques mois. J'ignore sur quels critères nos mignons petits palais vont être évalués. Mais s'il faut écrire clou de girofle sans faute, je n'ai aucune chance: je n'en utilise jamais en cuisine,  je ne connais donc ni son atome, ni sa saveur...
Bon, cette formation a avant tout pour but d'acquérir des bases techniques solides permettant d'aller plus loin dans nos métiers et dans nos dégustations. C'est sans doute ça que voulait dire monsieur le professeur: d'ici quelques mois, nous maîtriserons tous (sauf les cancres) les dessous techniques de la dégustation. D'ici a ce que nous utilisions tous les mêmes mots... Luckily enough, depuis cette phrase sentenciere, le contenu technique des cours m'a passionnée et consolée.


Si j'avais aime l'uniformité, j'aurais travaillé pour une industrie. Vendu des tapis ou des cafetières très chères. Je n'aime pas le comme tout le monde. 
Mon poil se hérisse quand au début du mois d'octobre les experts jugent déjà que le millésime est fichu sur une rive ou l'autre. Comme si d'un domaine à l'autre tout était égal. Je suis allée mettre mes jolies mimines quasi manucurées dans de grandes cuves de merlot pour me rappeler que justement, le vin c'est des Hommes. C'est de l'émotion. Ce sont les cinq sens éveillés. 
Merci à celui qui m'a fait confiance pour ce millésime 2014 (millésime du siècle, of course, 102/100 a venir). On a fait des vinifs pas pareilles. J'ai mis ma musique pas pareille au milieu de cuves et autres objets hétéroclites. Et c'était bon.



Restons (...)les maillons les plus importants de la chaîne (...) buveurs très précieux qui faites vivre la production vinicole et aidons à la métaboliser. (Émile Peynaud, le goût du vin, préface. PS: il écrit bien ce monsieur !)




vendredi 30 mai 2014

#VDV66, on the road of memories...

Mon meilleur souvenir en 66, c'est une plongée. Un beau matin d'août, chaud, du bleu au ciel sur la mer, les cheveux au vent sur un zodiac qui file, le soleil qui réchauffe la nuque. Une crique ou s'amarrer,  fermer les yeux, basculer en arrière, sentir l'eau rentrer dans la combinaison comme une chatouille, contempler la côté découpée aux coteaux encepages... Et puis après la plongée, quand les yeux sont pleins de turquoise et de paix, partager un repas sur une plage dénommée "le bout du monde"...
Une autre fois en hiver, avoir le bonheur de profiter seuls d'une baie de collioure enfin désertée par ses touristes. Croiser au coin d'une rue un frère parce, et dans sa cave, découvrir une cuvée qui porte votre nom et vous enchante...
Quand l'été cogne en plein le temps d'un déjeuner, découvrir la cargolade avec les vignerons de Tautavel, et puis le porró, une tablée de 80 personnes ou tous se prêtent au jeu...
Un jour d'hiver encore, grimper, se hisser jusqu'à la forteresse de peyrepertuse pour y avoir le visage cinglé par le vent, comprendre, une fois tout la haut, ce que signifiait être cathare. Lire, lire et lire encore pour comprendre encore mieux. 
Récemment, y aller "pour le travail", initier une bleue aux rudesses et aux secrets de la région, lui expliquer agly et verdouble, lui montrer le sol, l'autre sol, un cep, un autre cep. Parcourir la cave du Mas Janeil a la main, rire, échanger, et rire encore. C'est beau un rire d'amoureux du vin qui rebondit entre les cuves. 
Se réfugier dans les bras tendres d'un grenache noir, aimer la longue mineralite complexe de son frère blanc, rêver d'un maury 1929...
Le 66, c'est tout cela ce soir. Un puzzle de souvenirs et aussi un peu de vin dans mon verre. Pas de fil conducteur si ce n'est l'envie d'écrire. Merci Iris, lisson.over-blog.com, le 66 m'a réchauffé le cœur ce soir. Vivement le prochain souvenir, on the road again...



Quelque part dans le 66, une vue qu'on aimerait avoir tous les jours...