Déguster, dans tous les (5) sens du terme. Gôuter,c'est s'aventurer, rencontrer, partager. Et le vin est fait ainsi, de cette matière humaine qui relie les Hommes entre eux. Il évoque et suscite, il réunit et fait parler. Ce blog aurait pu s'appeler vins et plaisirS: à lire sans modération.
mardi 22 mars 2016
Ce soir, c'est champagne
Parce que la vie continuera toujours, pour lui au moins. Parce que j'ai le devoir d'espérer pour lui, pour les "quand il sera grand", et d'essayer de faire qu'il vive dans un monde meilleur. Pacifié au moins. Qu'il puisse rester innocent, quelques années, et qu'il n'arrête jamais de rêver. Qu'il puisse se sentir léger comme un ballon et fort comme un roc pour se promener sur les chemins de la vie. je lirai des milliers de livres que je trouverai pas la méthode, je suis sure en revanche que l'ingrédient miracle de cette recette restée secrète est l'amour. Alors j'en verse chaque jour, chaque heure, chaque minute.
Et dans ce monde où tu fêtes tes trois ans, mon chéri, de l'amour il en faut par wagons entiers. Parce qu'en se serrant les uns contre les autres on est forcément un peu plus forts. Parce qu'en souriant, on en éloigne, des menaces. Parce que notre imagination ne saura jamais se préparer à l'avance à l'horreur et aux drames. Parce qu'aussi informé qu'on soit, la violence nous cueille toujours dans notre humaine naïveté. Alors il faut un peu de courage pour continuer à croire. Et puis je te regarde, et tout à coup, c'est tellement plus simple.
On va trinquer à ta vie, et à la vie en général. A ses moments inattendus, aux pâquerettes que tu me ramènes dans tes poches, à tes câlins sur mon ventre, et à l'éclat merveilleux de ton rire. A ce monde où l'on devient fou mais où tu as le mérite d'exister.
Ta maman qui t'aime, jusqu'au bout du monde.
mardi 5 janvier 2016
Simone, qu'est ce que t'es bonne!
vendredi 11 décembre 2015
Juste après
Quand on se réveille un 14 novembre, qu'on tremble encore de peur et qu'on ose à peine croire que les êtres chers sont encore bien debout, on veut d'abord s'enfermer dans la cave, ne plus voir les images, ne plus entendre les bruits horribles des balles et des sirènes. On voudrait pouvoir se réveiller et réaliser que tout cela n'a été qu'un affreux cauchemar. Mais la réalité court toujours bien plus vite que nous. On téléphone, on textote, on twitte, le regard dans le vide, la vie suspendue. Le cerveau, bon ami, déclenche un anesthésiant puissant qui rend toutes nos sensations cotonneuses. Comme un lendemain de soirée trop arrosée, le mal de crâne en moins.
J'ai pris une bouffée d'air frais, et puis j'ai décidé que j'avais envie de champagne. Je n'avais pas encore pu serrer mes survivants à moi dans les bras, mais je voulais fêter cette chance incroyable de ne les avoir pas perdus. Je voulais que les bulles pétillent comme une résistance à cette guerre noire qui avait envahi nos quotidiens. Je voulais remplacer mon désarroi cotonneux par une ivresse pleine de légèreté. J'ai trinqué à la santé des êtres aimés en me promettant de le leur dire à voix haute.
Et puis juste après, au terme d'heures des questions et de kilomètres avalés sans réfléchir, on a fait une grande tablée devant le feu. On s'est assis là et on a ri comme si rien de tout cela n'était arrivé. On ne s'est pas serrés dans les bras, on a ri, parce que c'est comme cela qu'on conjure le mauvais sort. C'était un moyen de se dire que rien n'avait changé. Mon père, ce taiseux, est descendu chercher une belle bouteille de Crozes Hermitage pour mettre de l'élégance dans ces retrouvailles impromptues mais Ô combien importantes. On a trinqué à la vie.
J'ai dégusté ces deux bouteilles la gorge serrée. de peur, d'émotion, de soulagement, de joie et d'un mélange de tout cela. Je n'ai pas réussi à leur dire que je les aime, mais j'ai trinqué avec eux, et au fond, c'est presque pareil. Dans le vin, il y a le plaisir, il y a l'humanité, il y a la vie, notre histoire et notre futur.
Trinquons: je vous aime.
lundi 9 novembre 2015
Une saison de plus
J'ai retrouvé le chai, ses odeurs, ses outils bizarres, ses réflexes étranges (nettoyer, nettoyer, nettoyer...). La semaine de préparation s'est passée comme d'amicales retrouvailles: ah te voilà, la pompe, qu'as tu fais depuis novembre dernier ? tu fonctionnes ? tu ne fuis pas ? On va encore former un sacré tandem toutes les deux!
Puis sont arrivés les vendangeurs, dans un joyeux tohu bohu. Leur enthousiasme sécateur à la main est évident. Ils sont tout simplement heureux de faire partie de l'aventure, d'être dans l'équipe. De quoi croire encore un peu en l'âme humaine. Moi j'étais l'ours du groupe, enfermée dans mon chai pour mieux entendre sa douce musique: drosophiles grésillants sur une pompe, douce et régulière percussion de la pompe péristaltique, eau frémissant dans les serpentins... Régulièrement, sous prétexte d'examiner la qualité du raisin je m'échappais vers la table de tri, pour profiter moi aussi de l'effet de troupe, entre deux remontages.
J'ai du boire quelques litres de jus de raisin. Pour dès leur arrivée au chai, essayer de sentir, de distinguer, de goûter toutes leurs caractéristiques et tenter de deviner très approximativement les saveurs du résultat final. Je me suis pensée sur les analyses pour réviser "sur le terrain" une année de bachotage oenologique. Déguster et re déguster en ayant des impressions mais jamais aucune certitude.
Et puis, une à une, les fermentations se sont achevées. Nous avons ouvert la porte aux grains de raisins amoncelés dans les cuves, pour en extraire sous la presse les tous derniers jus. Des moments de travail physiques partagés en équipe, ponctués des éclats de rires qui allègent la chaleur, le poids, la fatigue et rendent les journées bien plus courtes.
Puis est venue la dernière cuve, la dernière presse, le dernier rincage. Le grand nettoyage d'automne. Chaque lot est délicatement rentré dans sa cuve, on a poussé la pompe dans un recoin, débranché la presse, rangé les tamis... J'aurais voulu rester là à les surveiller encore un peu, ces vins. Etre sure qu'ils n'allaient avoir ni chaud ni froid, qu'ils allaient sagement garder jour après jour les notes que je leur connaissais. J'ai fermé la grande porte en traînant les pieds.
La tristesse le disputait à la frustration de n'avoir chouchouté ce 2015 qu'à temps partiel, courant de toutes parts pour essayer de satisfaire à toutes mes obligations pour un résultat plus proche de l'échec que de la réussite.
J'ai manqué deux moments clefs, la vendange de la plus belle parcelle pour une nuit de fièvre, et la rentrée des cabernets pour un projet un peu fou de livre sur les vins belges. Parfois, plusieurs portes s'ouvrent en même temps, mais furtivement. Et quelquefois, elles se referment toutes de concert, nous laissant enfermé dans une tour sans fenêtres, dans un silence abrutissant. Il faut alors replonger son nez dans un verre choisi avec soin, pour retrouver dans un vin sa madeleine de Proust, et remplir le vide du moment d'un millésime plein de promesses.
vendredi 2 octobre 2015
Quand je serai grande, je veux vivre la vigne de Château
mercredi 30 septembre 2015
Les Zouaves font le Tintouin à Thuin
mardi 5 mai 2015
Tant qu'il y a du vin il y a de l'espoir
Et puis la surprise, the surprise, la cherry on the cake: château mangot. Comme la famille todeschini sait faire parler d'elle, j'en étais devenue curieuse.


lundi 27 avril 2015
Out of Bordeaux (sur un fond de requiem)
J'ai voulu marquer mes connaissances vins par un diplôme... une façon de me prouver de nouveau à moi même que je suis faite pour ça "Pour de vrai". Mettre une barre et l'atteindre pour confirmer ses choix.
Peut être que je ne passerai pas la barre, mais j'ai appris. Appris encore et plus qu'à Bordeaux, le vin est une caste. Il est difficile d'y rentrer, et elle exige un profil droit et carré. Une façon de vinifier, une façon d'être. Y'a les grands crus et puis "le reste". Et le reste bouhhhhhh! rassemble les petits qui osent thermovinifier, parce qu'ils veulent faire des petits vins pas prise de tête vite mis en marché... d'autres qui font du bio et n'achètent pas, ô scandale, les sacro saints produits vendus par les labos. Qui prennent le risque de ne pas contrôler le début et la fin de leur fermentation. Mon dieu, laisser faire le temps, mais quelle idée...Et ceux qui oseraient vinifier sans soufre. Ne pas coller, ne pas filtrer! Elaborer des vins qui ne seront pas de garde!
J'ai découvert que dans cette partie isolée du monde, être bloggueur c'est presque une insulte. Le vin sur internet ? Aucune importance, madame, je vous l'assure. Et un amphithéâtre qui applaudit à tout cela.
Alors oui, j'ai voulu apprendre, et maintenant j'ai compris. J'aime toujours le vin, mais pas le même qu'eux. Ce ne sont pas les grands crus de palais aux tapis rouge qui me font frissonner. Ce sont les petits, les discrets, ceux que l'on découvre par hasard. J'ai mes vins d'Homme. Ceux qui racontent une histoire qui me berce. J'aime être subjective en dégustation, parce que cette cuvée, elle est toujours meilleure quand le vigneron vous la sert que dans la grisaille de votre appartement de banlieue.
Ca, c'est la vie. Les échanges, les rencontres. Ca, c'est le vin, pour moi.
Heureusement, j'arrive encore à ressentir ces émotions, entre deux révisions de ma fiche de molécules (ethyl4phénol, éthyl4gaïacol, aminoacétophénone, benzaldéhyde, massoialactone...)
Il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis, et bien je dois être un peu stupide. car ces heures d'enseignements dispensées par les plus hautes autorités viti vinicoles n'ont fait que confirmé mon entêtement à aimer les petits vins, ceux qu'on aperçoit par une porte entrouverte...
Parce qu'un vigneron, un vrai, c'est celui qui prend trois heures sur son weekend de Pâques pour t'expliquer comment il applique les méthodes du vin à ses cidres. Qu'il étudie chaque pommier comme un cep, qu'il mute, qu'il fermente, qu'il fait des cueillettes tardives. Qu'il tâtonne, qu'il essaie. Il ne compte pas les bouteilles à goûter. Il veux entendre des critiques. Bref, dans ses bouteilles il y a du coeur, et dans ses yeux, des étoiles.
Il y a un peu de volatile, oui, mais le vin est vivant. Depuis quand déguste on à partir d'une feuille d'analyse ?
Il y a ce professeur du lundi matin, inattendu, qui amène de son jura natal des vins oui, mais du comté aussi. Parce que les histoires de terroir, elles fonctionnent aussi pour les fromages. Parce que cette histoire là, c'est un tout. Mais quand je suis sortie de salle de dégustation, pour la première fois, j'ai ressenti le besoin d'aller lui dire merci parce que vraiment, j'avais passé un bon moment. Simple, évident, savoureux.
Je repartirai de là avec ou sans diplôme, mais plus riche. Mes émotions vineuses sont de plus en plus à fleur de peau...
https://www.youtube.com/watch?v=-chI3NlBcHE
dimanche 14 décembre 2014
Du vin et des hommes
J'aurais pu discourir sur les vins du Bordeaux tasting. Mais d'abord on a du attendre si longtemps pour rentrer que le niveau d'exigence était bien haut et la déception, bien grande. Petit papa Noël, si tu m'entends...On en apprendra pas beaucoup plus sur les vinifs, bien trop de monde pour pouvoir approcher les pros... Les pros justement, où étaient les propriétaires? Les oenologues? A part la figure de proue de l'emblématique, ambitieux et critiquable mais inamovible Bernard Magrez, peu de stars à croiser en coulisses. Bref un goût de trop peu en sortant de ce magnifique palais de la bourse.
Pour la cannette, un pomerol. Je ne sais pas si je dois en parler je manque singulièrement d'objectivité depuis mon passage aux vinifs... Gombaude Guillot 2010, longuement carafé, délicat, un peu sur la pointe des pieds, contrairement à l'opulence de nombre de ses confrères. On ne cherche pas la puissance à GG, on cherche la longueur. On prend le temps.
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jeudi 20 novembre 2014
Message personnel (pour Téo!)
Bonjour teo,
Tu ne me connais pas, mais moi, grâce aux deux Isabelle, ta maman et son amie, je te connais.
Ce matin j'ai reçu un super paquet!
C'est que je l'attendais avec impatience ton bojo...
J'ai un petit garçon et s'il ne va pas pouvoir goûter le vin de Bruno et Isabelle, je sais qu'il va adorer ton étiquette. Il aime beaucoup les animaux et en particulier les chats qu'il appelle "wawa". Je te parle de lui parce que c'est un tout petit garçon, mais il a tout le temps le sourire et les yeux qui pétillent.
Comme toi! J'aime beaucoup voir tes photos, car tu degages la vraie joie, celle des enfants.
Je suis sur que le bojo sera bon. Isabelle et Bruno le font avec amour, et ça, c'est un ingrédient magique qui ne rate jamais. Je suis une grande mais cette année j'ai la chance de retourner à l'école, j'y apprends à déguster. Un peu bizarre comme études, tu ne crois pas? Toujours est-il que ce qui ressort c'est que lorsque l'on deguste, tout ce qu'il y a autour nous fait ressentir le goût de façon différente. Je sais donc déjà que dans mon verre ce soir, il y aura ton sourire et la passion d'Isabelle et Bruno. Ça tombe bien, ce vin est né d'une belle amitié et ce soir j'ai convié des gens qui comptent pour moi.
On va trinquer Teo, et on dira, exceptionnellement, et à la place de "tchin", le mot hébreu "eraim", parce qu'il signifie "à la vie".
Des bisous à toi, Teo!
Ps: il a un nom ton joli chat?






















